LES MÉDIAS, RÔLE ET PLACE DU JOURNALISTE AUX COMORES

L’année 2009 qui s’ouvre sera marquée par la tenue des Etats généraux de la presse, la première assise nationale des médias, appuyée par le président de la république luimême, Ahmed Abdallah Sambi et organisée conjointement entre les organisations professionnelles et le ministère en charge de l’information.

Les medias aux Comores
Ces assises vont tenter de dresser un diagnostic serré, une sorte d’état des lieux des entreprises de presse, étudier les dispositions législatives et réglementaires existantes pour accélérer la mise en mise en place du Haut conseil de la presse et de l’audiovisuel et de la commission d’attribution des cartes de la profession. Pour la première fois, les journalistes se donnent le moyens d’élaborer et d’adopter la première convention collective qui régira les rapports entre les employeurs et les journalistes professionnels, salariés des entreprises, les durées des contrats, le droit syndical et la liberté d’opinion, les délégués du personnel et les collèges électoraux, les principes professionnels, les formations, les stagiaires, les recrutements, les salaires, la durée du travail, les maladies, accidents, les confl its conciliations les licenciements etc… C’est parce qu’en dressant un inventaire sur les médias aux Comores, le rôle et la place du journaliste, on est saisi par les constats sévères dressés avec humilité par les professionnels eux-mêmes. L’examen de la pratique journalistique et l’observation des éléments de déontologie du métier démontrent que « la question de la déontologie se pose chaque jour un peu plus comme une exigence ». La profusion des médias, surtout dans les secteurs de l’audiovisuel, est caractérisée par un défi cit de formations adéquates. Elle provoque souvent des dérives et dérapages aussi bien dans la pratique du métier que dans la maîtrise éditoriale. Pour y remédier, l’ensemble de la profession, s’est réuni, grâce au soutien fi nancier de l’ambassade des Etats-Unis aux Comores, pour adopter le 15 mai 2007, la Charte déontologique de Hamramba : un condensé de principes et de droits, produit à partir des éléments de diagnostics sur la pratique journalistique. Cette charte énumère les éléments qui caractérisent le défi cit qualifi catif de l’information, en mettant en garde les journalistes sur le « manque de rigueur dans le traitement de l’information, le bidonnage, le trucage des images, la publication des fausses informations ou d’informations erronées qui ne seront jamais rectifi ées, la recherche du spectaculaire, la confusion entre information et propagande et information et promotion publicitaire, des pratiques courantes et contraires à l’éthique professionnelle.

Les principales menaces qui risquent de nuire la liberté de la presse, reste la prolifération anarchique des médias, en l’absence de toute réglementation, le défi cit de formation, la situation précaire des journalistes et l’érosion des exigences. La situation des médias brille surtout par un vide juridique et réglementaire en matière de libertés et d’accès aux sources d’informations. Le code de l’information adopté en 1994, n’est toujours pas de suivi des décrets d’application pour mettre en place les structures d’encadrement, comme le Haut conseil de l’audiovisuel, chargé de la distribution des fréquences ou de la délivrance de la carte de presse. La corporation ouvre le débat pour l’élaboration d’un statut des journalistes qui tient compte des réalités comoriennes. Les journalistes militent pour privilégier une autonomie de gestion des organes d’informations existant et encourager la création des médias indépendants, en adoptant une législation ouvrant le droit à des subventions aux médias privés, réservés jusqu’ici aux médias d’Etat. La pauvreté des dispositions législatives et réglementaires, démontre encore et encore la nécessité de la profession de s’approprier les conventions internationales et régionales relatives aux libertés, ratifi ées par les Comores et qui s’appliquent au droit interne. Au niveau de la presse écrite, malgré la qualité des journalistes en exercice, les coûts exorbitants de fabrication et l’exiguïté du marché entraînent la pauvreté de fonds alloués à la publicité, maintient la presse dans un état structurellement défi citaire et les journalistes dans la précarité. Un journal comme « Kashkazi », d’un fonds éditorial excellent, avec une qualité graphique manifeste, n’est pas parvenu, malgré une indépendance rédactionnelle et une variété de sujets touchant aux préoccupations des lecteurs, à se maintenir. Il disparaît sous le poids des coûts de fabrication, notamment de l’imprimerie.

Dans la presse privée, seules « la Gazette des Comores » et l’agence de presse « Hzk-Presse » font l’exploit de paraître tous les jours, malgré les pesanteurs connus. Le journal l’Archipel et la Tribune des Comores, continuent de paraître irrégulièrement grâce à la fi délité de leur lectorat qui apprécie hautement l’indépendance de ton et l’objectivité de la ligne. Les télévisions et radios communautaires, qui se spécialisent dans les missions sociales, d’éducation jouent un rôle central dans la sensibilisation de la population sur les questions d’hygiène et de lutte contre les maladies, comme le paludisme, le Sida, tout comme dans la scolarisation des jeunes fi lles, la lutte contre la maltraitance ou la propagation du code de la famille. La télévision et la radio nationale (Offi ce de Radio et télévision des Comores) continuent de jouer le rôle de médias de référence, véhiculant le message offi ciel. Même diagnostic que le journal Al-Watwan, premier journal de l’Etat, qui connaît des hauts et des bas pour son indépendance éditoriale. Le site Internet, qui met en ligne aussi bien ses papiers que le Journal en Pdf obtient très rapidement un large succès auprès des lecteurs de la diaspora. A Mayotte, les médias offi ciels, la télévision et la radio des « Réseau France Outremers » continuent de diffuser la parole de l’Etat, Mayotte hebdo, proche des lobbies du pouvoir, emboîte le pas. Seul le site Malango, diffuse une information objective sur les événements de la région, assurant une indépendance totale de sa ligne rédactionnelle. Le nouveau venu dans le paysage médiatique est le journal Albalad du nom de la maison mère, le journal du Liban. Propriétaire du groupe Comoro Golf Holding, le journal distribué gratuitement par semaine, projette de se muer en quotidien en 2009. Les médias comoriens sont aussi dominés par les stations de télévision communautaire. A l’exception notoire de « Djabal télévision » qui a opté de devenir une chaîne généraliste, en présentant un bulletin d’information à 20 heures, toutes les autres chaînes diffusent des émissions locales ou étrangères de musiques ou des reportages. Ceux qui se hasardent pour des raisons fi nancières à présenter des émissions politiques, le font d’une manière médiocre, desservant leurs téléspectateurs et discréditant le métier. Au niveau de la diaspora, la prolifération des sites marque une ère nouvelle. L’érosion des sites traditionnels, cède la place à de nouveaux sites, comme Ô Comores, diffusant essentiellement des dépêches de Hzk mais atteignant un score honorable du nombre des visites. L’Internet est aussi dominé par le nombre de blogs d’informations générales, comme le Blog de Inoussa ou Comores4 très visité, pour la rapidité de la diffusion d’informations courtes. Ces blogs, animés par des non professionnels sont aussi marqué par la légèreté des informations présentées et la non-fiabilité de leurs sources.

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